RESET — Formation Constellations familiales : La genèse
Faut que je te raconte un truc.
Je n'ai jamais vraiment décidé de devenir formateur. Ce sont mes clients qui m'ont invité à le devenir.
Les premières demandes sont arrivées très peu de temps après que j'ai lancé mes premiers ateliers de constellations. Tellement vite que je me revois encore leur répondre :
« Doucement les gars… je viens juste de commencer. Je ne me sens pas encore légitime pour transmettre ça. »
Sauf qu'ils ont insisté. Soirée après soirée. Journée après journée.
« Tu devrais nous former. »« C'est quand que tu fais une formation ? »« Moi je veux apprendre comme toi. »

Et le plus absurde, c'est que le tout premier truc que j'avais créé, avant même les constellations, ça s'appelait Oser Rayonner. Un accompagnement pour aider les gens à sortir du syndrome de l'imposteur, à arrêter d'attendre la validation des autres pour se sentir légitimes. J'avais passé des années à dire aux autres que la seule légitimité qui compte, c'est celle qu'on se donne à soi-même. Et me voilà, planté devant ces demandes, à faire exactement l'inverse.
Alors un jour je me suis dit qu'il fallait peut-être que j'arrête avec ce putain de truc de légitimité. Que si la vie me mettait ça sous le nez avec autant d'insistance, il y avait peut-être une raison.
Alors j'ai dit oui.
RESET est probablement aujourd'hui l'un des trucs que j'ai créés qui m'apporte le plus de joie et de fierté. Ils sont déjà une trentaine à être passés par là.
Et ce qui est assez dingue, c'est qu'au départ, RESET ne s'appelait même pas RESET. Ça n'était absolument pas censé devenir ce voyage initiatique qui retourne les stagiaires comme des crêpes. J'étais à mille lieues d'imaginer à quel point ça allait les bouleverser, les transformer.
Au début, je voulais juste transmettre ma vision des constellations. Pas devenir professeur. Encore moins fabriquer des petits Emmanuel Pampuri qui feraient des constellations comme moi.
L'idée était plutôt celle d'un humain qui avait trouvé un truc absolument incroyable et qui avait envie de dire aux autres : « Viens voir. Regarde ce que j'ai découvert. Je vais te montrer comment ça marche. Et après, fais-en quelque chose qui te ressemble. »
Parce que oui, RESET est un apprentissage. Oui, il y a une méthode, de la technique, des protocoles, des heures de pratique. Mais si tu sors de RESET en faisant exactement comme moi, j'ai raté quelque chose.

Ce qui m'intéresse, c'est ta couleur. Ta sensibilité. Ta façon d'écouter, de regarder, de sentir. Ta façon de créer.
Je te donne la matière première. Je te montre ce que j'en fais, mes erreurs, mes doutes, les trucs qui marchent et ceux qui se sont cassé la gueule. Et puis progressivement, je te regarde t'en emparer.
C'est probablement ça qui me touche le plus. Voir quelqu'un arriver en pensant qu'il vient apprendre à faire des constellations, et découvrir quelques mois plus tard que le principal matériau avec lequel il a travaillé… c'était lui-même.
Parce que RESET porte finalement assez bien son nom. Il y a un avant et un après.
Et parfois, quand j'ai pas le moral, je vais lire les avis Google de mes clients. Et bordel, ça me fait un bien fou.
Oui, mon ego est content. Évidemment. Je vais pas faire semblant d'être un grand sage détaché de tout qui flotte à douze centimètres du sol. Ça fait plaisir de lire des gens raconter que ce qu'on leur a proposé a changé quelque chose dans leur vie.
Mais ce n'est pas seulement de la flatterie que je vais chercher là-dedans. C'est un rappel. Un rappel que je suis à ma place dans cette transmission.
Et depuis deux sessions, cette transmission a encore changé. Parce que Flore est arrivée.
J'ai besoin de dire quelque chose là-dessus : sa présence à mes côtés n'est pas de la co-animation. Ce serait beaucoup trop réducteur.
Flore faisait partie de la toute première formation. Je l'ai vue traverser RESET. Je l'ai vue se transformer. Je l'ai vue faire, littéralement, un RESET dans sa propre vie. Puis nos chemins se sont rapprochés. L'Amour nous a tendu les bras.
Et aujourd'hui elle est là, non pas pour transmettre ce que j'ai créé à ma place, mais pour y apporter ce qui n'appartient qu'à elle. Sa vision. Sa sensibilité. Ses créations.
Elle ne complète pas ma transmission. Elle la déplace. Elle vient parfois la bousculer. Et c'est précisément là que ça devient intéressant.
Parce qu'aujourd'hui, dans cette salle, nous ne sommes plus deux à transmettre. Nous sommes trois.
Il y a Flore. Il y a moi. Et il y a le Nous. Ce truc étrange qui apparaît entre deux êtres quand ils arrêtent d'essayer d'exister l'un à côté de l'autre et qu'ils commencent vraiment à créer ensemble.
J'avais composé une partition. Flore y a amené sa musique. Et quelque chose d'autre est apparu — que ni elle ni moi n'aurions pu créer seuls.
C'est probablement là que RESET a encore changé de dimension. Notre duo est devenu une partie de la transmission. Avec nos différences, nos sensibilités, nos façons parfois très différentes de regarder la même chose. Et même avec nos tempêtes.
Parce qu'on ne transmet pas depuis un piédestal. On transmet depuis l'endroit où on en est. Et nous aussi, on continue d'apprendre.
RESET n'est donc plus vraiment la formation que j'avais imaginée au départ. Et tant mieux.
C'est devenu un endroit où j'enseigne. Un endroit où Flore enseigne. Un endroit où les stagiaires nous enseignent. Un endroit où chacun vient chercher des outils pour accompagner les autres et finit, presque inévitablement, par se rencontrer lui-même.
Finalement, c'est peut-être ça la genèse de RESET. Je croyais que j'allais créer une formation pour transmettre les constellations. J'ai créé un truc qui continue, session après session, à nous transformer tous.

Et puisque je suis en train de tout dire, il faut aussi que je les remercie, eux. Celles et ceux qui sont venus, qui m'ont fait confiance alors que je doutais encore de ma propre légitimité. Qui se sont assis dans ce cercle sans savoir vraiment où ils mettaient les pieds.
Parce qu'il en faut, du courage, pour accepter de se laisser retourner comme une crêpe. Pour aller regarder ce qu'on passe sa vie à éviter. Pour lâcher ses résistances devant des inconnus qui, quelques jours plus tôt, n'étaient rien pour nous.
Ils sont venus chercher une méthode. Ils ont fini par oser se rencontrer eux-mêmes. Et ça, ça ne se transmet pas — ça se traverse. Le mérite leur revient.
Sans oublier non plus la merveilleuse merveille qui marche à mes côtés et qui porte désormais cet enseignement avec moi.
Emmanuel




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